Conditions générales · Pour freelances

Conditions générales pour freelances

Développeur, graphiste, rédacteur, consultant ou formateur : vous travaillez seul face à des clients qui ont souvent leurs propres contrats. Des conditions générales rédigées par un avocat fixent le cadre de chaque mission : périmètre, tarif, délais, propriété intellectuelle, responsabilité et fin de collaboration.

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Concrètement

Ce que vous obtenez

Des conditions générales adaptées à votre discipline et à vos clients, professionnels dans la plupart des cas (B2B), parfois particuliers (B2C). Vous recevez le texte prêt à joindre à vos devis, une notice qui explique chaque clause en langage clair et nos conseils pour les faire accepter avant chaque mission.

  • Définition de la mission, des livrables et du nombre de corrections comprises
  • Tarif en régie, au forfait ou au tarif journalier, acomptes et frais
  • Travaux hors mission : tarif et confirmation écrite préalable
  • Délais liés aux informations et validations fournies par le client
  • Propriété intellectuelle : cession écrite, étendue, durée, rémunération
  • Confidentialité, secrets d'affaires et traitement des données
  • Limitation de responsabilité cohérente avec votre assurance
  • Résiliation, préavis et indemnité en cas d'arrêt anticipé
  • Non-concurrence, exclusivité et non-sollicitation encadrées
  • Délai de paiement, intérêts de retard et tribunal compétent

Le fond

Les clauses qui protègent le freelance

Vos contrats relèvent du Livre 5 du Code civil (contrats conclus depuis le 1er janvier 2023), de l'ancien Code civil pour les règles propres au contrat d'entreprise (jusqu'au 31 août 2027) et du Code de droit économique (CDE). À partir du 1er septembre 2027, le Livre 7 du Code civil régira le contrat de service ; nos conditions anticipent cette échéance.

La mission et les livrables

La plupart des litiges naissent d'un périmètre flou : la mission grossit, pas la facture. Nos conditions renvoient à une description écrite de la mission (devis ou bon de commande), fixent le nombre de corrections comprises et prévoient que toute demande hors périmètre est confirmée par écrit, au tarif convenu, avant d'être exécutée, puis facturée.

Tarif et modalités

En régie, vous facturez le temps presté ; au forfait, un prix ferme pour un résultat défini ; au tarif journalier, un prix par jour pour une capacité réservée. Chaque formule a ses clauses : relevés de temps, acompte à la commande, facturation par étapes, frais et déplacements, validité du devis. Envers un consommateur, le prix s'annonce toutes taxes comprises.

Délais

Ne promettez que des délais que vous pouvez tenir. Nous distinguons délais indicatifs et délais fermes, et faisons dépendre le planning de la remise en temps utile des informations et validations du client. Envers un consommateur, la clause qui vous permettrait de fixer ou de modifier seul le délai de livraison est interdite (art. VI.83, 5° CDE) : elle est rédigée autrement.

Propriété intellectuelle : rien sans écrit

À l'égard de l'auteur, toute cession de droits se prouve par écrit et précise en principe, pour chaque mode d'exploitation, la rémunération, l'étendue et la durée (art. XI.167 CDE) ; pour une œuvre de commande destinée à la publicité ou à une activité relevant de l'industrie non culturelle, une cession expressément prévue par écrit suffit (art. XI.167, § 3). Sans cet écrit, votre client n'a qu'un droit d'usage. La présomption de cession des logiciels (art. XI.296 CDE) ne vaut que pour les salariés : un développeur indépendant conserve ses droits tant qu'il ne les a pas cédés par écrit. Pratique courante que nous organisons : la cession n'intervient qu'au paiement intégral, le client disposant d'une licence provisoire jusque-là. Depuis 2022, l'auteur a en outre droit à une rémunération appropriée et proportionnelle. Voir notre article sur les conditions générales et l'intelligence artificielle pour les livrables créés avec des outils d'IA.

Confidentialité et données

La clause de confidentialité est libre : elle protège les informations du client et les vôtres (méthodes, tarifs, prospects). Si vous traitez des données personnelles pour le compte du client, vous êtes en principe sous-traitant au sens du Règlement général sur la protection des données (RGPD), et un contrat écrit reprenant les mentions de l'art. 28 du RGPD est obligatoire. Nous fournissons l'annexe correspondante.

Responsabilité

Entre entreprises, vous pouvez limiter votre responsabilité, par exemple au montant de la mission, et exclure les dommages indirects (art. 5.89 du Code civil). Restent interdites l'exonération de la faute intentionnelle, des atteintes à la vie ou à l'intégrité physique ou psychique, et la clause qui vide le contrat de sa substance. Envers un consommateur, le dol, la faute lourde et l'inexécution d'une prestation principale ne peuvent être exclus (art. VI.83, 13° CDE).

Résiliation

Un contrat à durée indéterminée peut être résilié à tout moment par chaque partie, moyennant le préavis prévu au contrat ou, à défaut, un préavis raisonnable (art. 5.75 du Code civil). Pour une mission à durée déterminée ou à forfait, le client peut en principe y mettre fin en vous indemnisant ; nos conditions fixent les prestations dues et l'indemnité pour le temps réservé. À partir du 1er septembre 2027, le client pourra toujours résilier un contrat de service à durée déterminée moyennant indemnisation, alors que le prestataire ne le pourra pas (art. 7.4.32 et 7.4.33 du Code civil).

Non-concurrence et exclusivité

Une clause de non-concurrence entre indépendants doit être limitée dans le temps, dans l'espace et quant aux activités visées ; excessive, elle peut n'être annulée que pour sa partie illicite si le contrat est divisible (art. 5.63 du Code civil). L'exclusivité imposée par un client est licite si elle est limitée et justifiée, mais elle joue contre vous en cas de discussion sur votre statut. Nous préférons une clause de non-sollicitation ciblée (interdiction de démarcher vos clients ou vos collaborateurs) à une exclusivité générale.

Faux indépendant : ce que vos conditions ne peuvent pas faire

La relation de travail s'apprécie selon quatre critères généraux : la volonté des parties, la liberté d'organiser son temps de travail, la liberté d'organiser son travail et la possibilité d'un contrôle hiérarchique (loi-programme du 27 décembre 2006). Des conditions générales n'évitent pas une requalification en contrat de travail : seule la réalité de l'exécution compte. Elles peuvent toutefois soutenir votre indépendance (méthode libre, matériel propre, liberté de servir d'autres clients). Dans certains secteurs (travaux immobiliers, nettoyage, gardiennage, transport pour compte de tiers), la loi présume un contrat de travail dès que plus de la moitié des neuf critères légaux sont remplis.

Paiement : B2B et B2C

Entre entreprises, le délai de paiement ne peut dépasser 60 jours civils (30 jours sans clause). En cas de retard, les intérêts courent automatiquement, sans mise en demeure, dès le lendemain de l'échéance, au taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de 8 points, publié chaque semestre par le SPF Finances. Une indemnité forfaitaire de 40 euros est due en plus (loi du 2 août 2002). Depuis le 1er janvier 2026, les factures entre entreprises belges assujetties à la TVA sont émises et reçues sous forme électronique structurée (réseau Peppol) ; un simple PDF ne suffit plus. Envers un consommateur, le Livre XIX du CDE impose, depuis le 1er septembre 2023, un premier rappel gratuit portant les mentions obligatoires, puis un délai d'au moins 14 jours calendrier (qui court dès le troisième jour ouvrable suivant l'envoi, ou le lendemain si le rappel est électronique) avant tout intérêt ou indemnité ; l'indemnité forfaitaire doit être expressément prévue et reste plafonnée (20 euros jusqu'à 150 euros ; 30 euros + 10 % de la tranche entre 150,01 et 500 euros ; 65 euros + 5 % au-delà, maximum 2 000 euros) : un forfait de 10 % y est illégal (art. XIX.2 et XIX.4 CDE).

Rendre vos conditions opposables

Vos conditions ne lient le client que s'il a pu en prendre effectivement connaissance avant la conclusion et les a acceptées (art. 5.23 du Code civil). Une clause qui le fait « reconnaître » avoir lu des conditions qu'il n'a pas reçues est nulle, entre entreprises comme envers un consommateur. Si votre client renvoie à ses propres conditions, les clauses incompatibles s'annulent mutuellement : d'où l'importance d'un devis signé.

Points de vigilance

Ce qu'un modèle générique néglige souvent

Points de vigilance d'un modèle standard et réponse apportée par des conditions générales sur mesure pour freelances
QuestionModèle standardSur mesure
Périmètre de la missionUne ligne vague, corrections illimitéesLivrables définis, corrections comptées, hors mission facturé
Propriété intellectuelleCession tacite ou globale, souvent nulleCession écrite par mode d'exploitation, liée au paiement
ResponsabilitéExclusion totale, inefficacePlafond réaliste, exclusions licites, assurance alignée
Délai de paiement imposé par le client90 jours acceptésMaximum 60 jours, intérêts dus automatiquement
Fin de collaborationRien de prévuPréavis, indemnité et sort des livrables en cours
Clients particuliersMêmes clauses qu'en B2B : plusieurs sont nullesVersion B2C conforme au Livre VI et au Livre XIX

Questions fréquentes

Vos questions de freelance

Dois-je faire signer mes conditions à chaque mission ?

Pas nécessairement, mais vous devez pouvoir prouver que le client a pu en prendre connaissance et les a acceptées avant la commande. Un devis qui y renvoie clairement, avec le texte joint, et une acceptation écrite du devis suffisent en général.

Conditions générales ou contrat de collaboration ?

Les conditions générales couvrent toutes vos missions. Pour un client régulier ou une mission longue, un contrat de collaboration précise la durée, le préavis, le tarif journalier et l'éventuelle exclusivité. Les deux sont rédigés pour se compléter.

Le client arrête le projet à mi-parcours. Que puis-je réclamer ?

Le travail déjà effectué, en tout cas ; pour une mission à forfait, le droit commun prévoit en outre l'indemnisation de vos dépenses et de votre manque à gagner, sous réserve de ce que prévoit le contrat. Une clause bien rédigée fixe d'avance l'indemnité pour le temps réservé et règle le sort des livrables inachevés ; sans clause, le montant dépend de l'appréciation du juge.

Que faire face à une facture impayée ?

Entre entreprises, les intérêts de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 euros sont dus automatiquement, sans mise en demeure. Nous vous accompagnons de la mise en demeure au tribunal de l'entreprise. Voir notre article sur la facture impayée.

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