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Conditions générales pour la construction en Suisse

Entrepreneurs, sous-traitants et artisans du bâtiment : des conditions générales et des contrats d'entreprise qui tiennent compte de la réalité du chantier et des règles impératives entrées en vigueur le 1er janvier 2026, rédigés selon le droit suisse par Me Werner-Édouard de Saeger, avocat inscrit en Belgique (titre professionnel d'origine).

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Les risques propres au bâtiment

En droit suisse, vos chantiers relèvent du contrat d'entreprise : l'entrepreneur s'oblige à exécuter un ouvrage contre un prix payé par le maître de l'ouvrage, c'est-à-dire votre client (art. 363 CO). Le litige naît souvent d'un acompte jamais convenu, de travaux supplémentaires commandés oralement, d'un avis des défauts contesté, d'un chantier arrêté par la météo ou d'un sous-traitant défaillant. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs règles sur les défauts de construction sont impératives : un modèle rédigé avant la réforme peut contenir des clauses désormais nulles pour vos nouveaux contrats.

Nous rédigeons vos conditions générales et contrats pour chaque corps de métier. Le couvreur a besoin d'une clause sur les intempéries et la toiture existante, l'électricien sur l'installation existante, le plombier-chauffagiste sur les interventions urgentes, le peintre sur l'état des supports, le menuisier sur le sur-mesure et les acomptes, l'entreprise générale d'un contrat qui répercute ses obligations sur ses sous-traitants. Pour un chantier important, un contrat sur mesure complète vos conditions générales.

Ce que nous réglons pour vous

  • Prix forfaitaire, devis approximatif ou facturation au temps passé : un mode de prix clairement choisi, avec ses conséquences (art. 373 à 375 CO)
  • Acomptes et paiements par tranches : sans convention, le prix n'est payable qu'à la livraison de l'ouvrage (art. 372 CO)
  • Travaux supplémentaires : commande écrite, avec prix, avant toute exécution
  • Réception et avis des défauts : une procédure claire, qui respecte le délai de 60 jours du maître pour un ouvrage immobilier (art. 367 al. 1bis et 370 al. 4 CO)
  • Garanties légales : réfection, réduction du prix, prescription de deux ou cinq ans, sans clause nulle (art. 368 et 371 CO)
  • Norme SIA 118 : intégrée expressément ou écartée, et adaptée aux règles de 2026
  • Sous-traitance : justificatifs exigés de vos sous-traitants, pour démontrer votre devoir de diligence (art. 5 de la loi fédérale sur les travailleurs détachés, LDét)
  • Assurances : la responsabilité civile d'entreprise n'est pas imposée en principe par une loi fédérale, mais un client, une convention collective ou le canton peuvent l'exiger ; pour vos salariés, les cotisations AVS/AI/APG (assurance-vieillesse et survivants, assurance-invalidité, allocations pour perte de gain) et l'assurance-accidents (LAA) sont en principe obligatoires dès le premier salarié ; comme indépendant, vous cotisez en outre vous-même à l'AVS
  • Intempéries : définition objective et prolongation des délais, pour qu'un arrêt de chantier ne devienne pas un retard fautif

Là où ça dérape en pratique

Trois litiges fréquents dans le bâtiment

Des travaux supplémentaires jamais confirmés par écrit

Le client demande une modification, vous l'exécutez, puis il conteste la facture. Votre prix forfaitaire couvre l'ouvrage convenu et ne s'adapte, en principe, que si des circonstances extraordinaires et imprévisibles bouleversent l'exécution (art. 373 CO). Pour le surplus, c'est à vous de prouver la commande et le prix. Nos conditions imposent une confirmation écrite préalable.

Un délai d'avis des défauts trop court

Bien des conditions générales imposent encore un avis des défauts dans un délai très bref. Depuis le 1er janvier 2026, pour un ouvrage immobilier, le maître dispose de 60 jours (dès la découverte pour les défauts cachés) ; toute clause plus courte est nulle. Une clause qui exclut ou restreint à l'avance la réparation des défauts d'une construction est nulle elle aussi (art. 368 al. 2bis CO). Pour les contrats conclus avant cette date, l'ancien droit reste en principe applicable.

Un sous-traitant dans la chaîne

Vous répondez envers votre client du travail confié à un sous-traitant (art. 364 CO). Dans la construction, le génie civil et le second œuvre, vous répondez aussi, à titre subsidiaire, des salaires minimaux et des conditions de travail non respectés par vos sous-traitants, sauf si vous prouvez avoir rempli votre devoir de diligence (art. 5 LDét). À l'inverse, le sous-traitant impayé peut requérir une hypothèque légale sur l'immeuble, même si son débiteur est l'entrepreneur général (art. 837 CC). Nos contrats de sous-traitance règlent ces points.

Points de contrôle

Ce que vos conditions actuelles doivent régler

Points de contrôle de vos conditions générales dans la construction en Suisse
QuestionRisque si la clause manqueCe que nous prévoyons
AcomptesPrix payable seulement à la livraisonÉchéancier lié à l'avancement
Travaux supplémentairesCommande et prix difficiles à prouverConfirmation écrite avec prix avant exécution
Avis des défauts (révision de 2026)Délai de quelques jours, clause nulleProcédure de réception conforme au délai de 60 jours
Réfection et prescriptionExclusion ou délai réduit, sans effetDroits du maître exposés sans clause nulle
Norme SIA 118Applicabilité incertaineIntégration expresse ou exclusion claire
IntempériesRetards imputés à l'entrepreneurProlongation des délais sur critères objectifs
Sous-traitanceDiligence impossible à démontrerContrat de sous-traitance avec justificatifs

Questions fréquentes

Vos questions sur les conditions générales dans la construction

La norme SIA 118 s'applique-t-elle automatiquement ?

Non. La norme SIA 118 n'est pas une loi : ce sont des conditions générales privées, qui ne s'appliquent que si votre contrat ou votre devis les intègre expressément. Selon les sources concordantes, elle prévoit en principe un délai de garantie de deux ans, pendant lequel les défauts peuvent être signalés à tout moment, et une prescription de cinq ans ; vérifiez l'édition intégrée à votre contrat. Même intégrée, elle ne peut pas réduire les délais impératifs de 60 jours ni exclure la réfection d'une construction.

Pendant combien de temps dois-je répondre des défauts de l'ouvrage ?

Les droits du maître se prescrivent par deux ans dès la réception pour un ouvrage mobilier et par cinq ans pour un ouvrage immobilier, y compris envers l'architecte ou l'ingénieur ; ce délai de cinq ans ne peut pas être réduit au détriment du maître (art. 371 CO). Si vous ne réparez pas dans le délai fixé, le maître peut faire exécuter la réparation par un tiers à vos frais (art. 366 al. 2 et 368 CO).

Que faire si le client ne paie pas une tranche ou le solde ?

Aucune loi ne fixe de délai de paiement général : prévoyez l'échéance dans vos conditions, puis mettez le client en demeure par une simple interpellation. L'intérêt moratoire est de 5 % l'an, ou le taux supérieur convenu (art. 104 CO). Vous pouvez aussi requérir l'inscription d'une hypothèque légale sur l'immeuble, au plus tard dans les quatre mois qui suivent l'achèvement des travaux ; ce délai n'est sauvegardé que par l'inscription, au besoin provisoire, ordonnée par le juge (art. 839 et 961 CC), et vous ne pouvez pas y renoncer d'avance (art. 837 al. 3 CC).

Mes contrats signés avant 2026 sont-ils concernés ?

Pour les contrats conclus avant le 1er janvier 2026, l'ancien droit reste en principe applicable, sous réserve des règles transitoires du titre final du Code civil (art. 49 Tit. fin. CC), dont le Tribunal fédéral n'a pas encore précisé la portée : faites examiner votre contrat.

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