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Conditions générales pour courtiers et régies immobilières en Suisse

Courtiers, régies et gérants d'immeubles : un contrat de courtage précis sur la mission, l'exclusivité et la commission, et des contrats de gérance qui tiennent compte des règles impératives du mandat. Rédigés selon le droit suisse par Me Werner-Édouard de Saeger, avocat inscrit en Belgique (titre professionnel d'origine).

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Le cadre légal des intermédiaires immobiliers

En Suisse, l'activité du courtier relève du contrat de courtage (art. 412 à 418 du Code des obligations, CO) : le courtier est chargé, moyennant un salaire (la commission), d'indiquer à son client l'occasion de conclure un contrat ou de négocier ce contrat. Les règles du mandat s'appliquent pour le surplus. La loi n'impose aucune forme au contrat de courtage, et l'exclusivité n'existe que si elle a été convenue. Les cantons peuvent en outre soumettre les courtiers à des prescriptions spéciales (art. 418 CO) : nous vérifions celles du canton où vous exercez.

Les régies et gérants d'immeubles travaillent, eux, sur la base d'un contrat de mandat (art. 394 et suivants CO), que chaque partie peut résilier en tout temps. Un contrat écrit, clair sur la mission, la rémunération et la fin de la collaboration, prévient bien des litiges. Il complète nos conditions générales sur mesure et nos contrats sur mesure.

Ce que nous réglons pour vous

  • Mission décrite avec précision : courtage d'indication, de négociation, ou les deux
  • Commission : montant ou mode de calcul, moment où elle est due, sort d'une vente sous condition (art. 413 CO)
  • Frais de publicité et de visite : remboursés seulement s'ils ont été convenus (art. 413 al. 3 CO)
  • Exclusivité : convenue expressément, avec sa durée et ses effets, et mise en évidence dans le contrat
  • Liste des acquéreurs présentés et comptes rendus de mission, pour établir le lien entre votre travail et la vente
  • Conflits d'intérêts : règles de transparence lorsque vous êtes en contact avec les deux parties, pour limiter le risque d'un reproche de double jeu, qui ferait perdre la commission (art. 415 CO)
  • Gérance : mission, honoraires, remise des dossiers et décompte final en cas de résiliation (art. 404 CO)
  • Données des propriétaires, locataires et acquéreurs : déclaration de protection des données distincte du contrat (art. 19 de la loi fédérale sur la protection des données, LPD)

Là où ça dérape en pratique

Trois situations que nous voyons revenir

Le vendeur conclut avec l'acheteur que vous avez présenté

Votre commission est due dès que votre indication ou votre négociation aboutit à la conclusion du contrat (art. 413 al. 1 CO). Tout se joue donc sur la preuve du lien entre votre travail et la vente. Sans liste des personnes présentées ni trace des visites, la discussion devient difficile. Nos contrats organisent cette preuve et précisent ce que couvre l'exclusivité.

Une commission contestée comme excessive

Pour la vente d'un immeuble, le juge peut réduire une commission excessive (art. 417 CO). Le salaire du courtier se règle d'abord par le contrat, à défaut par le tarif ou l'usage (art. 414 CO). Une commission dont le montant et le mode de calcul sont clairement exposés au client, avant la signature, est plus facile à défendre. Enfin, le courtier qui joue double jeu perd son droit au salaire (art. 415 CO).

Le propriétaire résilie le mandat de gérance du jour au lendemain

Le mandat de gérance peut être résilié en tout temps par chaque partie ; cette règle est impérative (art. 404 CO). Nos contrats organisent plutôt la fin du mandat : honoraires dus jusqu'à la date de résiliation, frais, remise des dossiers.

Pourquoi pas un modèle standard

Modèle téléchargé ou contrat sur mesure

Comparaison entre un modèle générique et un contrat de courtage ou de gérance sur mesure
QuestionRisque d'un modèle génériqueSur mesure
Mission du courtierIndication et négociation confonduesMission décrite précisément
CommissionMontant flou ou excessif, contestable devant le jugeMontant et calcul exposés avant signature
ExclusivitéClause noyée dans le texteConvenue expressément et mise en évidence
FraisNon remboursables faute d'accordFrais listés et acceptés
Résiliation de la géranceDurée ferme ou pénalité sans effetFin du mandat organisée
Règles cantonalesRisque de ne pas en tenir compteExaminées pour votre canton

Questions fréquentes

Vos questions de courtier ou de gérant d'immeubles

Un contrat de courtage doit-il être écrit ?

La loi n'impose aucune forme. Mais c'est à vous de prouver la mission, la commission convenue et l'exclusivité éventuelle : un contrat écrit, signé avant le début de la mission, facilite nettement cette preuve. La vente de l'immeuble elle-même exige en revanche la forme authentique, comme les promesses de vente (art. 216 CO).

Quelles règles nouvelles pour la vente d'une construction récente ?

Depuis le 1er janvier 2026, l'acheteur d'un immeuble dispose de 60 jours pour signaler les défauts ; s'il achète une construction à ériger ou achevée depuis moins de deux ans, il peut exiger sa réparation aux frais du vendeur ; ses droits se prescrivent par cinq ans dès le transfert de propriété, et ce délai ne peut pas être réduit à son détriment (art. 219a CO). Ces règles intéressent directement les promoteurs et les courtiers qui préparent la vente.

Un acheteur étranger peut-il acquérir le bien ?

L'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger, au sens de la loi (art. 5 de la loi fédérale sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger, dite Lex Koller), est soumise à autorisation cantonale (art. 2), sauf exceptions, notamment pour un établissement stable servant à une activité commerciale, artisanale ou libérale, ou pour la résidence principale d'un acquéreur domicilié en Suisse. Cette notion ne dépend pas du seul domicile : votre contrat de courtage peut prévoir comment ce point est vérifié avant la signature.

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